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Chenilles processionnaires : que faire quand on en a dans les pins ?

Le cycle de vie des chenilles processionnaires

Si les chenilles bénéficient généralement d’un préjugé positif puisqu’elles sont destinées à devenir de magnifiques papillons, la chenille processionnaire quant à elle, est plutôt synonyme de fléau. Comment les reconnaître, quels sont leurs dangers et comment les éradiquer ?

 

On les appelle également les chenilles des pins du fait qu’elles colonisent différents types de pins dont elles se nourrissent. À terme, elles affaiblissent l’arbre qui les sustente et peut même causer sa mort. Comment la chenille s’installe-t-elle ? Entre juin et septembre selon le climat, cette espèce de lépidoptère pond ses œufs qu’elle dépose sur les rameaux ou les aiguilles de diverses espèces de pin. Cinq à six semaines après la ponte, les œufs éclosent donnant naissance à 150 ou 200 larves par paquet. Ces larves vont ensuite muer cinq fois. Chaque nouvelle mue est l’occasion de gagner des millimètres jusqu’à mesurer environ quatre centimètres. On peut observer à l’œil nu la transformation des nids à chaque mue. Plus la température fraîchit, plus le cocon qui contient les chenilles en devenir est dense. Au terme de leur croissance, les chenilles trouvent sur place de quoi les rassasier grâce aux aiguilles de pin. Elles confectionnent ensuite des nids de soie où elles se terrent. Elles se déplacent en colonies lorsqu’elles changent d’habitat. Elles forment alors une file qui conserve son axe grâce aux contacts entre chacun des éléments du groupe. C’est à ce mouvement qu’elles doivent leur nom de processionnaires.
Au printemps, toutes les chenilles d’un même cocon se dirigent vers le sol pour s’enfouir. Chacune d’entre elles tisse un cocon qui deviendra chrysalide. Enfin, c’est après plusieurs mois qu’elle va fendre son enveloppe pour libérer un papillon de couleur brunâtre qui s’envole depuis le sol. Le cycle recommence avec la fécondation d’une femelle par un mâle qui meurt peu après.

Pourquoi sont-elles dangereuses ?

Certains papillons tropicaux sont urticants. Pour ce qui concerne la chenille processionnaire, c’est depuis son état larvaire qu’elle représente un danger. Vers le mois de juin, lors de sa troisième mue, son appareil urticant est particulièrement agressif. Comment et pour qui ? Lors de la chute d’un nid, il y a plus de 200 chenilles qui sont libérées aussitôt et qui peuvent causer des réactions allergiques. Celles-ci sont dues à une toxine , la thaumétopoéine. Secrétée par une glande spécialisée, elle peut provoquer non seulement des allergies sur les surfaces qui ont été en contact avec la matière urticante mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires. Les animaux, et notamment les chiens qui lèchent ces larves, peuvent eux aussi développer une réaction grave pouvant les empêcher de se nourrir. Pour ce qui est des essences de pins, elle les colonise car ils sont plantés en rangées. À terme, ceux-ci sont tous contaminés et nourrissent malgré eux le parasite qui va les dévorer.

Comment se débarrasser des chenilles processionnaires ?

Il existe des pièges que l’on peut installer. On les appelle des écopièges. Ce sont des sacs qui sont placés sur le tronc sur le chemin des chenilles qui forment leur procession pour aller s’enfouir dans le sol. On doit attendre encore un mois avant de détruire les chrysalides en les brûlant. Si le traitement chimique pose de réels problèmes, la lutte biologique qui consiste à pulvériser des biotoxines semble plus efficace et moins nocive pour l’environnement. Il est possible de détruire les nids manuellement ou encore d’attirer les mâles au moyen de phéromones. Ces solutions sont soit dangereuses soit difficiles à mettre en pratique. Le plus raisonnable consiste à faire appel à un professionnel pour éviter une prolifération rapide. Dès que vous constatez que la présence d’un nid peut s’avérer dangereux, n’hésitez pas à le contacter pour l’éradiquer et éviter de grosses démangeaisons !